Dimanche 18 octobre, à l’occasion des Journées nationales de l’architecture, c’est dans le cadre somptueux de la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro, face à la tour Eiffel, que les jeunes des Blagis ont présenté leurs réalisations. Un écrin prestigieux pour la restitution du projet « Raconte-moi les Blagis en maquette », qui a mis en lumière leur regard sur le quartier, son histoire et ses bâtiments emblématiques, mais aussi la manière dont ils imaginent son avenir.
Mené dans le cadre du jumelage culturel porté par la préfecture des Hauts-de-Seine entre la Cité de l’architecture et du patrimoine et les Blagis, le projet a mobilisé les participants durant plusieurs semaines. Après une visite de la Cité et une déambulation dans le quartier pour en identifier les lieux repères, les jeunes sont passés à la conception. Accompagnés notamment par un architecte et des professionnels, ils se sont initiés à la réalisation de maquettes, à l’impression 3D et à la découpe laser.
Cette démarche leur a permis de mêler bâtiments existants et créations imaginaires pour proposer leur propre vision des Blagis, tout en découvrant des savoir-faire et des métiers liés à l’architecture, au design, au bâtiment et à la fabrication numérique.
Un défilé de mode dans un lieu d’exception
Autre temps fort de cette restitution : un défilé de mode imaginé par Maël Nguyen, jeune styliste et créateur originaire des Blagis épaulé par le service jeunesse de la ville et la M7 Thiery Ehrard. Dans le décor majestueux de la Cité de l’architecture et du patrimoine, 40 modèles, âgés de 18 à 51 ans, ont présenté ses créations, mêlant mode, architecture et diversité des parcours.
Pour le styliste, ce défilé était avant tout une manière de raconter son quartier et ceux qui y vivent. «La mode est un langage très graphique, très géométrique, finalement très proche de l’architecture. Ce qui m’a particulièrement touché dans ce projet, c’est l’idée qu’à travers l’architecture, on peut retracer l’histoire des habitants.», explique-t-il.
Fruit de plusieurs mois de travail et de collaborations artistiques, ce projet marque aussi une étape importante dans son parcours. « J’étais content de pouvoir exporter de la banlieue à Paris. C’est déjà une première étape. Paris, c’est la capitale de la mode, donc la capitale de mon travail », confie Maël Nguyen.
Pour Julien Bargeton, président de la Cité de l’architecture et du patrimoine, cette initiative illustre pleinement l’ambition du jumelage : faire des jeunes de véritables acteurs de la culture, et non de simples visiteurs. « Ils ont proposé des choses aussi. Ils se sont vraiment saisis du projet, ils ont pris la main dessus », souligne-t-il. Une démarche qui vise également à créer des ponts entre Paris et les quartiers populaires, en permettant aux jeunes de s’approprier des lieux culturels qu’ils n’avaient parfois jamais fréquentés.
Au-delà du défilé, les jeunes ont réalisé des maquettes, des photographies, un film diffusé sur un blog, autant de créations qui témoignent de leur engagement et de leur créativité. « Ce qui est formidable dans ce projet, c’est que les jeunes ne se sont pas contentés de visiter le musée. Ils ont proposé leurs idées, fabriqué eux-mêmes et se sont véritablement approprié le projet. C’est cela, la démocratisation culturelle : permettre aux jeunes de devenir acteurs de la culture », se réjouit Julien Bageton pour qui le pari du jumelage est réussit. « Ce n’est pas simplement de la médiation où l’on apprend et où l’on vient visiter le musée. C’est de la participation, de la démocratisation culturelle. Ils ont fabriqué eux-mêmes, ils ont proposé des choses. Ils se sont vraiment saisis du projet. »
En parallèle, les ateliers « Les Blagis en mémoire », les animations proposées lors de Copaca’Bagneux et les rendez-vous organisés pendant les fêtes de quartier ont permis d’associer plus largement les habitants à cette aventure collective, entre mémoire, création et transformation des Blagis.
